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Ride my bike

Autoportraits

Passer de l’autre côté de l’appareil, c’est franchir une frontière, l’autoportrait devient un geste de dévoilement. Depuis Hippolyte Bayard, qui se représenta en suicidé dans la première photographie mise en scène de l’histoire, chaque photographe qui se tourne vers lui-même interroge la nature même de l’image : que cherche-t-on à saisir de soi quand on s’expose à la lumière ?

En intégrant les codes de la culture contemporaine de l’image, marquée par le phénomène du selfie, je propose une relecture distanciée et critique. L’usage du sténopé, à contre-courant de la technologie numérique et de l’instantanéité, instaure une temporalité lente, propice à la réflexion sur le processus photographique et sur la construction de soi.

Ici, rien d’immédiat, rien de figé : le temps s’étire, la lumière s’imprime durement, le corps devient trace, happé par le tumulte de la ville. Un autoportrait qui s’inscrit dans le temps mais aussi dans l’espace, une plongée dans mon quotidien, dans mes nuits d’insomnies à la recherche d’images spectaculaires. Une mise en abime par le trou minuscule du sténopé.